Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704)

Marie Rouquié, Gabriel Grosbard, violons et violes d’amour
Joseph Rassam, clavecin
Diego Salamanca, théorbe
Antoine Touche, violoncelle

Partia I  à deux violons et basse
Sonata, Allamande, Gigue, Aria, Sarabande, Finale
Partia VII pour deux violes d’amour et basse
Praeludium, Allamande, Sarabande, Gigue, Aria, Trezza, Arietta variata
Partia V à deux violons et basse
Intrada, Aria, Balletto, Gigue, Passacaglia

Après la Guerre de Trente Ans (1618-1648), l’Allemagne prend  un nouvel essor artistique, et trouve l’inspiration dans les pays voisins, notamment l’Italie. Le violon, instrument « récent » dont on explore encore les possibilités expressives, est un terrain de jeu privilégié pour Heinrich Ignaz Franz Biber, violoniste et compositeur à Salzbourg, qui, avec les célébres sonates du Rosaire, repousse les limites de l’instrument. On découvre notamment l’utilisation de la « scordatura » – littéralement « désaccordage » -, qui consiste à ne pas accorder de manière systématique les quatre cordes du violon en quintes (sol, ré, la, mi), mais à rechercher un accord qui serve mieux la tonalité et l’affect principal du morceau. Il s’agit donc d’un programme basé sur la construction d’un art purement instrumental, comme l’indique le titre du recueil de H.I.F. Biber : « Harmonia artificiosa » : de arte-fact, « faire de l’art », c’est-à-dire construire une expressivité basée sur les possibilités de ce nouvel instrument, le violon.